4000 îles, Don Det ou la douceur de vivre sur le Mékong…

Au 1er abord, on a l’impression qu’on va détester… c’est pas très clean sur l’unique chemin de terre (pas mal de déchets), c’est boueux, c’est calme, trop calme!

Les restaus ferment si tôt que lorsqu’on sort de la guest-house à 20h, plus rien n’est ouvert dans la rue: « ce soir chips et pommes les enfants !!! » ; les serveuses trainent des pieds (et les tongs qui râpent le sol, c’est crispant !) ; on a notre thé à 8h, et la baguette de pain à 8h30!!! ; les menus sont écrits dans un anglais parfait mais impossible de demander si on peut avoir du citron dans le thé, la communication est bloquée ; à 22h, impossible de trouver de l’eau;  quand on entre dans un magasin pour acheter trois biscuits, on a l’impression de déranger: la dame sort péniblement de son hammac pour encaisser les 5000 kips sans dire un mot….

Et puis….. et puis… on comprend (il nous aura fallu 24H tout de même !) : on n’est pas chez nous ! et finalement, pas à l’hôtel non plus !

La plupart des habitants ont construit deux trois bungalows sur leur terrain, histoire de profiter du tourisme qui se développe ; mais ils vivent leur vie ; gèrent leur quotidien, et ce n’est pas nous qui allons imposer quoi que ce soit… C’est une source de revenus supplémentaires mais en aucun cas, un changement de métier pour eux.  Donc soit on s’adapte, soit on s’en va ! On est resté… et on s’est mis au rythme nonchalant local… parce que s’adapter aux coutume locales, c’est aussi ça le voyage…

Un bon coup de balai sur nos derniers standards occidentaux, et on se sent finalement à l’aise!

Craky Guéko, notre cantine: lanternes, échecs, dominos, hamac, lit suspendu….

Rapidement, la chaleur est telle qu’on finit nous aussi par devenir des jolies larves vertes (couleur des 4 hamacs que nous avons à disposition) et nous aussi, on traine des tongs en s’en extrayant pour se rendre sur la terrasse du restau (et se re-vautrer dans un hamac ou sur des petits coussins thaï) .

Rythme local

Les enfants attaquent une partie de dominos tout en sirotant un lemon juice et se sont même mis aux échecs…

On regarde les enfants se baigner dans le Mékong, aucun parent à l’horizon, ils s’amusent avec la boue et des chambres à air… Une petite fille joue avec un couteau immense…Un enfant trisomique fabrique un karaoké avec 3 briques et une bobine en guise de micro, il est vraiment drôle à chanter et danser…

Enfants de Don Det qui jouent avec un gros couteau

Ponh, enfant trisomique de Don Det et son karaoké fait maison

Les bébés dorment dans les hamacs, les mamans vivent sous le plancher de leurs maisons en pilotis (l’endroit le plus frais), la plupart ont 4 à 6 enfants qui sont super autonomes ! La jeune fille de notre guest-house gère le petit dernier et les clients qui passent dans la superette…

Enfants de Don Det

On apprend que les habitants ont été aidés par quelques européens pour créer et rédiger les menus de certains restaus… mais ils n’en comprennent pas un traitre mot et regardent soit la traduction, soit le no du plat ! Tout devient plus clair…

On fait une matinée école dans le restau et cela attire les curieux, les adultes viennent regarder ce que l’on fait et trois enfants se placent en rang derrière Maceo qui fait des collages… On leur propose de peindre et c’est l’euphorie… 6 ou 7 autres gamins débarquent et se partagent nos 4 pinceaux ; tout le monde s’y met pendant la fin de matinée (on n’a pas compris le système de l’école ici, tous les enfants y sont avant 8 heures, mais en ressortent quasiment 1 heure après !) … Hannah aide un petit garçon qui pleure. C’est drôle de voir que les fleurs dessinées sont celles du lotus et que les maisons sont sur pilotis en bois… ce n’est que la simple représentation de leur environnement mais si différent du notre.

Séance peinture avec les enfants de Don Det

Maceo sympathise avec Ket et lui offre son dessin, il est ravi ! Il offre également une montre Ben10 au garçon trisomique qui est super fier !

Les 4000 iles, c’est aussi beaucoup de balades, en vélo surtout… Il y a un chemin central de terre qui permet à quelques véhicules de passer, en revanche, tout le tour de l’ile où se trouvent les habitants et les maisons ne se pratique qu’à pied ou en deux roues…On fait le tour de l’ile à vélo (toujours les roses qu’Hannah adore) entre gadoue et « sabaidee » criés par les enfants…

On passe au Nord Ouest de l’ile (on est au Sud Est) où les bungalows sur le Mékong permettent d’admirer le coucher du soleil (en revanche, vu la chaleur qu’il fait, ça doit être rude de trouver un peu de frais avec le soleil qui a tapé toute la journée sur le bois).
Les habitants ont fabriqué des petits potagers sur pilotis, comme leurs maisons.

Les cochons, les poules, les vaches sont partout, ces dernières sont attachées.
Quant on atteint le centre de l’ile, on traverser des rizières et on regarde enfants et femmes qui commencent la récolte. C’est vert, c’est beau!!!

Ballade en vélo sur Don Det

Vue de notre bungalow à Don Det

On part aussi plus au Sud de l’île, pour rejoindre l’ile voisine Don Khon.

Là, se trouvent les cascades de Li Phi, les derniers dauphins d’Irrawaddy, et les vestiges de la voie ferrée française…

Quelques kms à vélo sur Don Det, un petit passage de pont plus tard (payant 20.000 kips, mais on avoue avoir un peu triché et être passé discrètement, histoire d’économiser 4 euros -ça a marché !-), et nous y voilà…

1ère étape: la locomotive et les rails… La France dont l’influence a été grande dans la région a toujours rêvé de pouvoir dominer le Mékong de la Chine au Cambodge et de faire venir des marchandises des hauts plateaux… problème: au niveau des 4000 iles, soit à la frontière Laos/Cambodge, aucun passage possible malgré les nombreux bras qui se sont crées, les passages se font forcement par des rapides, cascades et autres courants forts…. A la fin du XIX siècle, des Français parviennent à passer des rapides mais confirment la dangerosité de l’action. Il est donc décidé de construire une voie ferrée sur l’ile de Don Det, de la faire traverser un pont, d’arriver sur l’ile de Don Khon et d’éviter ainsi les chutes d’eau… La voie n’a pas donc du dépasser les 15 kms, et les bateaux étaient placés directement sur les wagons, pour être remis à l’eau sur l’ile voisine… original comme méthode! Depuis le départ des Français du Laos et l’amélioration de l’état des routes, cette voie ferrée a été abandonnée et le pont n’a pas tenu…

Sur Don Khon, nous avons vu les cascades de Li Phi, pas aussi impressionnantes que celles de Luang Pradang car beaucoup moins hautes, mais elles sont très larges et très tumultueuses; il y a une plage de sable et un accès à l’eau… très limité, les courants sont extrêmement forts y compris au bord, ça doit être plus facile en saison sèche. On s’est baigné avec un enfant chacun à la main, et uniquement où on avait pied!

Cascades de Don Khon, Li Phi

L’autre principale activité de l’ile est un tour en bateau pour voir les derniers dauphins d’eau douce du Mékong, il en reste une vingtaine ici et une soixantaine au Cambodge, à Kratie. Nous l’avions mis au programme mais comme on souhaite éviter un trop long trajet jusqu’à la capitale du Cambodge, on décide de s’arrêter en chemin à Kratie pour y voir les dauphins… et donc on renonce à ceux du Laos.

On retourne donc à notre occupation favorite, s’installer sur la terrasse de la petite guest-house, regarder les enfants jouer, les gens passer…

C’est ça le Laos, vivre au milieu de ses habitants, s’amuser avec les enfants, observer les scènes de vie…

Au bout de 5 jours, nous repartons, au programme de la journée de samedi: 5 heures de bus pour Kratie, au nord du Cambodge et surtout, passage de frontière!

3 réflexions au sujet de « 4000 îles, Don Det ou la douceur de vivre sur le Mékong… »

  1. j adore suivre votre périple de découverte ; le petit récit est passionnant et vraiment bien raconté , les photos sont extras ……. hâte de lire la suite , bizzz à mon poto d enfance et à vous trois !!!!
    Valérie

  2. Quelle aventure! Les photos sont magnifiques, vous nous en mettez plein la vue et on vous en remercie. J’espère que vous êtes en forme, Thomas a mille question à poser à Maceo! On vous envoi plein de bisous du rove et de la vesse. Merci de ne pas ramener les bébés chauves souris!
    En attendant de vous lire. Bises Marilyne et thomas

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