Farino, et au milieu coule une rivière…

Jeudi 29 novembre, il est 11h, on a une voiture de location, bien difficile à trouver surtout quand on s’y prend la veille (on n’est plus en Asie Gwen !!!), une petite clio dans laquelle il faut caser nos affaires de camping, de pêche et de vie quotidienne… Vive la consigne de l’auberge de jeunesse !

Ca change de notre gros 4*4 d’Australie, mais ça sera amplement suffisant…

On se dirige vers le Nord, avec absolument aucune idée du parcours et de l’endroit où on va dormir le soir. J’ai pourtant parcouru le guide, mais on était tellement bien sur notre bateau qu’il est difficile de se motiver pour la suite.

On sait juste qu’on ne veut pas faire trop de kilomètres. On envisage une petite boucle Nord Ouest, transversale pour aller vers l’Est et redescente sur Nouméa….

Incapables de se décider, Fabrice et moi demandons aux enfants ce qu’ils préfèrent : camping à la plage ou plutôt en montagne près d’une rivière…. « rivière, rivière, rivière » crient-ils motivés !

Ok, on s’arrête à 1H30 de Nouméa à l’office de tourisme de La Foa, premier gros bourg croisé sur la route (3000 habitants) et on explique nos envies, enfin celles de nos enfants… La dame nous conseille le Refuge de Farino, à quelques kilomètres de là dans la montagne…
C’est donc parti… le moral remonte vite, c’est vert à perte de vue, des palmiers, des grands arbres, des vaches qui broutent dans l’herbe à flanc de colline.

Le camping du Refuge est le point de départ d’un des sentiers du Parc des Grandes Fougères.

L’endroit est très sympa, petite cuisine commune pour les campeurs, herbe grasse pour planter la tente ; et rivière au pied du terrain.

Refuge du Farino

Refuge du Farino

Il faut grimper une sacrée montée pour atteindre l’accueil du Refuge, il y a sauna et jacuzzi pour se remettre d’une longue journée de marche et une dizaine de bungalows.
Les gérants Philippe et Florence sont adorables, tellement qu’on ne les quittera plus ! En fait, de la Grande Terre, on ne verra que ce coin !

Refuge du Farino

Refuge du Farino

On y est tellement bien, il pleut un jour sur deux, ce qui invite plus aux discussions autour d’un bon café qu’à la promenade ; le wifi est gratuit et fonctionne.

Quelques heures sur internet afin de peaufiner la suite du voyage, difficile de trouver des vols au moment du Nouvel An… mais ça y est, on sait où on sera le 3 janvier à 0h45 !

Maceo et Hannah sympathisent avec leur fils Issac, enfin sympathiser est un faible mot, c’est THE grand copain, celui qu’ils admirent et dont ils ne peuvent se passer ; on pourrait croire qu’ils se connaissent depuis toujours. Issac a bientôt 10 ans, il est adorable, débrouillard, né en Nouvelle Calédonie et habitué à crapahuter en pleine nature. Il conduit le quad de ses parents, manie la machette et la scie comme un adulte pour construire des armes en bois et des cabanes, a la même énergie que Maceo et deux fois sa corpulence ! Les enfants ne se sont pas quittés pendant 5 jours. On a emmené Issac partout avec nous, il était de toutes façons inenvisageable de s’éloigner de lui !

Il nous apprend tout sur les plantes, les fruits que l’on peut manger ou pas… Le Calédonien est pragmatique : la pomme-rose s’appelle ainsi car le fruit sent la rose ; la pomme-liane car le fruit pousse sur une liane ; la pomme-caillou car le fruit nécessite d’être coupé à coups de cailloux…

On découvre les fraises des bois locales ; appelées framboises ici car elles ne poussent pas au ras du sol… on se ballade dans les alentours, cascades, marches autour du refuge… et surtout, on découvre la façon de vivre locale : vie en pleine nature, troc et échanges de bons procédés, l’ensemble en toute simplicité… C’est la campagne version calédonienne, et à notre avis, ils ont compris beaucoup de choses et se sentent parfois loin loin loin de l’Europe et de tout ce qu’ils peuvent entendre à la radio ou voir aux infos…

Refuge du Farino

Refuge du Farino

Les enfants nous invitent à visiter leur cabane dans laquelle ils vivent toute la journée! On a le droit à une soirée chamallows grillés sur leur feu de bois (un peu vert…) avec mot de passe pour rentrer bien sûr!

Refuge du Farino

Refuge du Farino

Refuge du Farino

Refuge du Farino

Vue de Farino

Vue de Farino

Refuge du Farino

Refuge du Farino

Ici, la vie est chère, un peu moins qu’à Nouméa peut-être, mais le partage est de mise… Celui qui a du miel en trop en donne aux amis, celui qui a péché approvisionne les voisins, tandis que celui qui chasse le cerf pense à en donner le surplus à ses proches…  Pas de surconsommation possible, pas de pertes non plus… Loin de nous l’idée de dépeindre une vie idéale, mais on a quand même eu le sentiment en restant ici plusieurs jours, que les habitants de Nouvelle Calédonie ont su préserver des valeurs qui nous font bien défaut en France…

Refuge du Farino

Refuge du Farino

Sarraméa

Sarraméa

On visite le fort de Théramba (avec Issac bien sur !), un ancien fort entièrement rénové en musée il y a quelques années (il était envahi par la végétation) et qui explique comment fonctionnait le bagne calédonien. De nombreux prisonniers français y sont passés ainsi que des kanaks qui ont osé se révolter face à la colonisation. Les tenues des bagnards sont mises à disposition des enfants qui peuvent les revêtir et s’inventer des motifs d’emprisonnement.

Fort de Théramba

Fort de Théramba

Les enfants passent aussi beaucoup de temps à utiliser les outils des archéologues pour trouver un bouton de surveillant de bagne… On finit par les aider pour le trouver !

Fort de Théramba

Fort de Théramba

On déguste un bon crabe du coin, en take-away sur la plage, assez venteuse, pendant que les enfants creusent au pied d’un arbre sur la plage. Issac y a trouvé il y a quelques années des pièces… et bingo! Ils trouvent quelques dizaines de francs, fiers de leur trouvaille de trésor!

Philippe nous invite à boire le kava dans un nakamal. C’est une coutume venue des îles voisines… ce n’est ni de l’alcool ni de la drogue, une plante qui anesthésie un peu la bouche et qui permet surtout de passer du bon temps avec les personnes qui y sont venues. Le rituel est le suivant : on se lève pour prendre un verre, un petit bol est servi, il faut ensuite se diriger vers une sorte de bassine, lever le verre (aux esprits ?), le boire d’une traite, en jeter un peu par terre, et se rincer la bouche à l’eau et cracher dans la bassine (ou par terre). On y vient le jour où on monte un totem pour protéger l’endroit. Jeannine, kanak, nous explique ce qu’il faut faire, mettre de l’argent au pied du totem, des allumettes en haut… son accent est difficile à comprendre, donc on ne suit pas tout mais on assiste avec intérêt à la petite cérémonie. Ensuite, on se retrouve tous au coin du feu de bois, et on discute… des heures…

Les enfants pendant ce temps jouent autour de la rivière (une autre) et regardent les chevaux passés.

Nakamal

Nakamal

On visite la ville voisine Sarraména, où l’on se rend dans une tribu pour visiter une case de chef traditionnelle. La visite est passionnante (sous une pluie battante pourtant), le petit-fils du grand chef nous explique les traditions kanaks et en quoi cette case servait de tribunal pour régler les conflits entre deux personnes.

Tribu à Sarraméa

Tribu à Sarraméa

On lui achète aussi de délicieux litchis, les moins chers trouvés en Nouvelle Calédonie ; il y a au bord de la route des tables avec des plantes à vendre. Comme en Australie, la honesty box est de rigueur, on prend la plante désirée, on y met le couteau en plastique avec le prix dessus et l’argent…

A Farino, il aura beaucoup plu, les moustiques nous auront bien piqués mais on a juste eu un mal fou à quitter cet endroit. On repart de la Grande Terre en ayant visité une toute petite zone seulement… Pas grave, on a adoré, les enfants n’ont jamais autant apprécié un endroit, ils ne voulaient pas partir.
Un grand merci à Philippe, Florence et Issac pour leur accueil et leur gentillesse… quel plaisir de rencontrer de si belles personnes dans le plus petit village de Nouvelle Calédonie !

Le retour vers Nouméa se fait sous la pluie, on est tout déprimé… on sait que de grandes aventures nous attendent encore, mais on regrette tellement de rester si peu de temps dans ce pays… La raison veut qu’on reprenne notre avion et on le fera, mais pfuittt, que c’est dur !

A Nouméa, on re-re-retourne à l’auberge de jeunesse où on retrouve Jérôme, qui gère l’accueil et qui nous fait toujours autant rire… On en profite pour expédier un gros colis en France, avec tout notre matériel de camping, le colis le moins cher du voyage : 20 euros pour 12 kilos de bagages (bon ok, c’est par bateau, et on n’est pas bien sur de le voir arriver…un jour….)

On aura campé pendant plus d’un mois sur ces dernières semaines de voyage pendant lesquelles tente et matelas auront bien servis ! Une belle page se tourne : si on a eu du mal au début à dormir sous la tente, c’est devenu un plaisir que de pouvoir profiter d’endroits sauvages grâce à elle !

Fabrice a la bonne idée de chercher dans les pages blanches le nom de copains perdus de vue qui se sont installés à Nouméa il y a 4 ans et on les retrouve. On passe une très bonne dernière soirée avec eux…

Nouméa retrouvailles

Nouméa retrouvailles

Mercredi 5 décembre, on se réveille à l’aube (finalement, c’est quasiment toujours le cas pour ces satanés avions ! nous qui nous passons si bien de mettre le réveil !)… L’enregistrement est compliqué, les cartes d’embarquement ne s’impriment pas, une annonce dans l’aéroport nous demande de revenir contrôler un de nos bagages et pour finir, impossible de valider nos billets à l’embarquement… On finit par croire que la Nouvelle Calédonie ne veut pas nous laisser partir !

Une dernière semaine en Australie est au programme, dans la ville que l’on adore et qu’on est ravi de faire découvrir aux enfants !

gggg

3 réflexions au sujet de « Farino, et au milieu coule une rivière… »

  1. rigolo de découvrir votre site… grâce à gawelle… vous avez l’air d’aller bien… ça fait plaisir. grosses bises à vous 4 et profitez bien de ce voyage… faîtes signe si vous passez par Marseille.
    bise de la famille doussot (antonin, sophie, céleste et archie)

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