Vientiane, journées logistiques…

Sleeping bus pour rentrer sur Vientiane, à la hauteur de ce qu’on nous avait décrit « real bed, real bed ! ». C’est très confortable, un double lit, chaque adulte prend un enfant et on dort plutôt correctement, en apparence seulement pour les adultes : c’était oublier les routes de montagnes, les virages et les trous… on en est ressorti sacrement courbaturés, et très fatigués !

On reste deux jours dans la capitale, principalement pour faire les visas cambodgiens (on entend de tout sur la frontière terrestre, du coup, on préfère anticiper), quelques achats.

On retourne à la Sisavadad Villa, la piscine reste un must pour les enfants ! $15 la chambre cette fois-ci, deux lits simples mais d’1m20 chacun, cela reste très confortable !

Les enfants travaillent bien ici surtout quand on promet une récréation-saut-dans-l’eau. Ils tentent de fabriquer des paniers pour la fête de Bouddha qui se prépare…

Confection de petits paniers avec des feuilles de bananiers

L’ambassade du Cambodge nous fait payer $20 par adulte et rien pour les enfants, et du coup, on a l’impression d’avoir économisé $40, on décide de se faire un bon resto français, Le Provençal, pour fêter notre 1er mois de voyage. On s’accorde un « pastis de Marseille » (sic) et un verre de vin rouge. On se régale de profiteroles au chocolat également !

On visite également le parc de Bouddha, à 1 heure de tuk-tuk de la ville… très joli, mais sans plus pour les parents, en revanche, les enfants ont l’impression d’être des explorateurs à grimper sur un temple, à jouer à cache-cache derrière les statues d’éléphants à 3 têtes ou du Bouddha couché géant… Le summun étant une immense citrouille dont l’intérieur est composé de la Terre, de l’Enfer et du Paradis…on passe par les trois stades en grimpant puis descendant des escaliers (un vrai labyrinthe), des têtes de morts dans l’Enfer et des jolies statues au Paradis…On finit même sur le dessus de la Citrouille, comme d’habitude, mini barrière de 40 cms de hauteur en guise de garde-fou… il faut faire attention, mais la vue est splendide ! On joue à se faire peur dans le corps arrondi de la Citrouille, il faut se pencher pour sortir sur le toit, se courber dans les escaliers…

J’ai du y retourner une seconde fois après la pause déjeuner parce que les enfants voulaient de nouveau jouer aux aventuriers !

Boudda Park

Direction le Sud du Laos à  présent, 10 heures de sleeping bus pour Paksé, la 4ème ville du pays, 700 kms plus au Sud (il a fallu 12 h au bus de Luang Pradang à Vientiane pour seulement 350 kms !), la route devrait être plus facile…

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Luang pradang: prie, nage, aime….

On avait testé le bus VIP pour aller à Vang Vieng, partons maintenant en mini-bus pour Luang Pradang… la route est prévue pour être sinueuse et longue : 7 heures de bus pour un peu plus de 220 kms… serrés comme des sardines entre les sièges de devant et les bagages qui débordent de l’arrière, on embarque avec d’autres touristes dont Anaïs, une jeune française expatriée en Chine, toute rigolote et pleine de vie… Quelques bonnes heures à discuter et un paysage de montagnes plutôt impressionnant (enfin moi, ça me donne le vertige, on dirait les routes de Corse sur lesquelles le moindre virage raté serait fatal ! décision prise, le retour se fera en sleeping bus, au moins si le chauffeur perd le contrôle du véhicule, on n’en verra rien !!!)

Nous débarquons à Luang Pradang dans la gare routière un peu excentrée, et les chauffeurs de tuk-tuk nous sautent dessus en nous imposant leurs prix fixes (20.000 kips par personne), hors de question puisqu’on nous a affirmé que le bus nous déposait en centre-ville ! Et voilà qu’on motive le reste de l’équipage (tchèque, américain, coréens…) à ne pas bouger du bus… le chauffeur s’énerve «I’m busy, so get out ! » ; et nous de lui répondre qu’il n’a qu’à nous déposer en centre ville car personne ne bougera de son bus et que nous ne sommes pas pressés ! De (très) mauvaise grâce, il comprend qu’on ne cédera pas et finit par nous emmener…

On trouve une petite guest-house en face des temples devant lesquelles des offrandes de nourritures sont faites tous les matins par les habitants aux moines qui n’ont (théoriquement) aucun bien personnel ni argent : c’est l’aumône des moines.

La ville est charmante, idéale pour se balader à vélo, ce qu’on fera à haute dose, les enfants derrière…

Le réveil est matinal au Laos, après les coqs de Vang Vieng, voici les offrandes aux moines qui commencent à 5H30, et les premières cloches sonnent à 4heures (enfin, en version lao, c’est plutôt un énorme tambour sur lequel les moines tapent).

Mais finalement, position stratégique idéale de la guest-house : on peut observer de la chambre les cérémonies ou s’installer sur le trottoir sans avoir à réveiller les enfants pour les trainer à l’extérieur de si bonne heure…

cérémonie des offrandes

J’avais entendu dire que cette cérémonie était devenue un vrai business à touristes : normalement, nous ne sommes pas autorisés à donner à manger aux moines, en particulier les femmes non bouddhistes ; mais certains le feraient, tout comme d’autres se placeraient sur le trottoir sur lequel les moines passent pour les prendre de plus près en photos… Je ne sais pas si c’est l’endroit (pas tout à fait dans le centre ville) ou la période, mais nous n’avons rien vu de tout cela ; les personnes présentes qui observaient étaient placées en face, et plutôt discrètes.

Etre en face de temples nous a permis de passer quelques longs instants à écouter les chants des moines, à les observer vivre, faire sécher leur linge orange (même leurs serviettes de toilettes le sont !) et à discuter avec certains d’entre eux… Les enfants ont facilité les échanges puisqu’au bout de 4 jours, ils se sentaient à l’aise dans le temple next door et revenaient avec des petits bracelets orange et blanc… Du coup, on leur a offert une petite tour eiffel, issue du sac de jouets que les enfants ont apporté pour les donner aux enfants du Laos et du Cambodge. Les écouter nous parler de l’Italie et de l’Espagne et de leurs langues similaires était surprenant quand on apprend en parallèle qu’ils n’ont jamais été dans leur capitale, ni même à plus de 2 heures de route de Luang Pradang….. On réalise dans ces moments là la chance que l’on a de faire un tel voyage au bout du monde…

Moines dans Luang Pradang

La ville est entourée du Mékong et d’un de ses affluents ; elle regorge de temples, on en a visité deux mais pour les passionnés, il y a de quoi faire !  On a grimpé sur le plus haut, Phu Si (328 marches), la vue sur les alentours de Luang Pradang est à 360°… les enfants ont déposé leurs petites offrandes, des fleurs oranges et des encens à allumer, ont prié (finalement, n’avons-nous pas tous le même Dieu ? même si ce n’est pas tout à fait vrai pour les Bouddhistes…) et ont fait s’échapper un petit oiseau d’une mini-cage…

Luang Pradang est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, nous nous y sommes sentis très vite très bien, et pourtant nous ne sommes pas des inconditionnels des villes, mais les couleurs vives des moines que l’on croise partout avec leurs parapluies (quelque soit le temps puisqu’ici un parapluie sert autant à se protéger de la pluie que du soleil), le rythme des chants et des musiques des temples, la douceur de vivre des berges du Mékong, les anciennes maisons ; tout cela nous a charmé et rapidement enchanté….

On prend vite le rythme :

  • boulangerie française à deux pas pour le traditionnel pain au chocolat du matin (et pourtant, tous les jours, nous nous répétons que franchement s’acheter un pain au chocolat au Laos, c’est ridicule…et tous les matins, nous y retournons !)
  • suivi en fin de matinée d’un fruit juice (à négocier à 5000kips même si le premier prix est à 10.000) ; on choisit ses ingrédients parmi tous les fruits proposés, Hannah et moi avons un faible pour le mint-lemon juice tandis que Maceo (et sa réticence à tout nouvel essai culinaire) persiste avec un banana shake (voir un oréo-banana quand ses parents l’autorisent !) ; quant à Fabrice, il s’essaye à différents parfums et dans les tous les cas, parcoure les étals du night market pour nous rapporter de nouveaux plats : une dame fabrique des sortes de mini-crèpes à la noix de coco, un régal !
  • un peu d’école dans la chambre de l’hôtel
  • des balades à vélo sur les bords du Mékong
  • re-fruit juice…
  • un petit massage à la croix rouge, les bénéfices sont reversés pour les actions en cours.
  • le night market, ses étals de nourritures et ses jolis souvenirs pour touristes…

Bicyclettes à Luang Pradang

Autour de Luang Pradang : cascades, ours et éléphants !

Si la ville est charmante, ses environs le sont tout autant…

Tout est proposé en ville : des excursions, des treks de plusieurs jours, des services de mini-bus, ect… Je tente de me renseigner dans quelques agences, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai un mal fou avec les excursions toutes faites avec minibus qui vient nous chercher à l’hôtel et le timing ultra précis, et surtout je déteste que les prix soient affichés en dollars américains alors que le pays a sa propre monnaie ! Apparemment, je vais être servie au Cambodge où même les ATM ne distribuent que des billets de l’Oncle Tom…

Bref, on décide de faire nos propres excursions en louant les services d’un tuk-tuk qu’on négocie correctement (15euros la journée) mais on aurait pu mieux faire (je suis sure qu’on aurait pu l’avoir à 10 !…) pour qu’il nous emmène aux chutes de Tad Sae et surtout pour qu’on aille voir, toucher, grimper sur, se baigner avec…. LES ELEPHANTS !!!! Les enfants qui, forcement sont à l’initiative de cette journée, sont surexcités… Nous un peu moins, la balade en éléphants c’est gentil, mais ça tangue et ça donne mal au cœur. En plus, les éléphants ont des gros poils qui grattent nos pieds quand on est dessus… Enfin, c’était la journée kids, alors allons-y avec le sourire !

Le chauffeur de tuk-tuk nous emmène traverser le Mékong, la barque est longue et ses cotés sont à ras de l’eau… Le courant est fort, ce n’est pas très rassurant ; bien évidemment la barque prend l’eau et le capitaine écope sans cesse… Heureusement, cela dure 10 mns seulement… Fabrice réclame pour le retour de choisir son embarcation !

Le décor est époustouflant, des cascades pas très hautes mais très nombreuses et des arbres qui ont poussé quasiment sur chaque rocher, l’eau est claire et turquoise… On y passera la journée !

Cascades de Tad Sae

On négocie âprement les sessions de riding et bathing avec les éléphants, un peu trop sans doute car après les 30mns de balades à éléphant (comme dans notre souvenir, ça tangue, on se prend des branches dans la figure mais les enfants adorent puisqu’ils ont le droit de monter sur la tête de leur monture alors que nous, adultes, avons l’air de deux coloniaux dans leur chaise !), le responsable des lieux nous indique qu’il faut rajouter 16 dollars car il avait oublié de faire payer les enfants….

Et c’est là que ma fâcheuse tendance à refuser les tours tous organisés en $ atteint ses limites… car finalement, on n’aurait sans doute perdu moins de temps ! Il nous a fallu 20 mns et une patience (non légendaire J) de Fabrice pour maintenir sa position : pas un centime de kip de plus !!!  Et il a eu gain de cause…

On s’est mis en maillot et on a grimpé sur les éléphanteaux (ça gratttte !) qui nous ont fait rapidement découvrir la fraicheur de l’eau ; ils nous ont laissé les mouiller mais ce sont surtout eux qui mènent la danse et plongent dans l’eau en essayant de nous faire basculer. Hannah s’est lancée dans une technique de rodéo plutôt efficace pour se maintenir sur l’éléphant et le faire se redresser ; quant à Maceo, il a tenté une séance de cirque en se mettant debout dessus… De notre coté, on a vraiment apprécié tout en ayant un peu peur qu’un des enfants bascule entre les deux éléphanteaux et se fasse écrabouillé….

Tad Sae, elephant bathing

Cela confirme ce que l’on vit ici au Laos, c’est un pays fabuleux pour les enfants, mais le tourisme n’est pas encore assez développé pour avoir mis en place certaines règles de sécurité, en particulier avec les enfants : difficile de trouver un gilet de sauvetage, pas de barrières au bord des précipices ou des trous dans les grottes, pas d’interdiction de se baigner dans des zones qui semblent dangereuses… C’est donc à nous, parents, d’être vigilants, au grand dam de Maceo à qui on refuse plusieurs baignades dans des cascades qui nous semblent vraiment trop puissantes…

Et pour finir le dernier jour, un petit tour (en mini-bus organisé cette fois, 50000 kips par personne, les enfants ne payant pas) pour aller voir les chutes de Kouhang Si à une trentaine de kms de Luang Pradang… le chauffeur est odieux, on est obligé de suivre les horaires précisés et on se fera même klaxonner parce qu’on regardera les souvenirs au lieu de monter dans le bus à 15h tapantes (sauf que nous, on s’est mis au rythme lao et on n’a plus de montre…). A part cela, les chutes sont époustouflantes, il faut aller jusqu’en haut pour voir la grande cascade d’une hauteur de 30/40 mètres environ ! Tout au long de la descente, il y a 6 ou 7 bassins différents dans lesquels on peut se baigner ; on choisit celui qui a une liane pour se jeter à l’eau et on se jette à l’eau. Hannah n’essaye pas la liane et préfère se baigner dans le bassin. Maceo, en revanche, fait le singe et se jette de l’arbre sans difficultés… Quant à Fabrice et à moi, on y arrive mais avec moins de légèreté que notre fils ! Fabrice plonge tout de même de la cascade après avoir vu un local s’y mettre (il n’y a que qui connaissent bien les fonds !)

Chutes de Khoung Si

Un très bon moment… Au retour, on passe par un centre de protection des ours (pour éviter qu’ils soient chassés), ils ont un grand parc de jeux pour eux, Hannah a même dit « moi je ne m’ennuerais jamais si j’avais un parc comme ça !! »

Au retour, le chauffeur nous arrête dans un village M’Hong, population qui souffre beaucoup d’avoir été utilisée par les Américains comme espions au Vietnam pendant la guerre secrète. La visite est difficile, les gamins, en nous voyant, courent vers leurs stands de bracelets et étoles et nous supplient « buy buy » ; ils sont sales, morveux et n’ont appris que ces mots en anglais pour vendre leurs babioles aux touristes…  dure enfance ! On n’aime pas du tout l’arrêt forcé, est-ce que cela aide vraiment ces populations ? Tout semble factice, on se promène dans leur village exposé à tous les minibus qui s’y arrêtent, et on ne sent pas à notre place.

Fabrice fait quelques tours de magie, les enfants décident d’offrir les jouets qu’ils ont apportés, on a l’impression de reverser un peu le cours des choses, de donner autre chose que de l’argent, mais est-ce bien ?

On rentre sur Luang Pradang pour attendre notre sleeping bus, le responsable de la guest house nous accorde une petite douche avec serviette et savon dans la chambre qu’on a rendue à midi, geste plutôt sympa ! un des hotels où le personnel est vraiment adorable et aux petits soins, toujours prêt à nous donner un conseil ! une bonne adresse…

Sublime Vang Vieng….

Dire qu’on se posait la question de s’y arrêter ou pas… sans aucuns regrets ! Nous avons adoré… La Maylin guest house est tout ce qu’on aime, petits prix, propriétaire qui ne se laisse pas faire (seule sa femme a le dessus !) assez sarcastique et parfois incompréhensible (un irlandais au fort accent), un grand restau qui permet de discuter facilement avec les autres visiteurs, un jardin immense dans lequel les enfants ramassaient des fleurs pour les jeter d’un petit pont qui traversait un cours d’eau et au bout duquel se trouvait une balançoire au bord des rizières…L’environnement était idéal pour que Maceo puisse travailler avec son père tandis qu’Hannah peignait ou traçait des lignes obliques ! Parfait également pour mon premier mal de ventre…. Vraisemblablement le sandwich de la halte du bus précédent n’était pas frais, j’ai rapidement eu mal au cœur mais je pensais que c’était dû aux virages…. Bref, 24H de bonnes grandes douleurs et quand la fièvre est montée, j’ai appliqué à la lettre l’ordonnance de l’hôpital Nord de Marseille : 4 comprimés de zitromax en une seule prise ! et tout est rentré dans l’ordre dès le lendemain ! Cure de riz intensive en parallèle !

Cela ne nous a pas empêché de nous promener dans les alentours, on peut passer 24h comme une semaine à Vang Vieng, il y a de quoi s’occuper…

C’est une ville qui s’est laissée envahir par un tourisme plutôt glauque : alcool, drogues, loud music et bikinis en pleine rue (les laos sont très pudiques). Le grand jeu est de faire du drink & tubing : descentes de la rivière sur des grosses bouées en s’arrêtant dans un maximum de bars qui longent les berges pour y boire un coup… il y a minimum un mort par an. Visiblement, la police de Vientiane s’est énervée envers la police locale suite aux plaintes de certaines ambassades qui doivent gérer les accidentés, les mises en exacmen ou les décédés sur place…

Il paraît que les policiers locaux (corrompus bien évidemment) auraient demandé comment ils allaient faire pour vivre s’ils ne pouvaient plus réclamer de l’argent aux touristes hors la loi !! Et de nombreux bars ont été fermés.

Enfin, nous n’en avons rien vu car nous étions de l’autre coté de la rive, de plus, nous sommes en basse saison…

Nous avons cherché dans toute la ville un vélo pour Macéo, tous les enfants en ont ici pour aller à l’école, mais impossible de dénicher une monture à sa taille, grande déception pour lui ! On finit donc par louer des bicyclettes classiques avec sièges à l’arrière pour les enfants, 1€50 la journée (après négociations, on a réussi à obtenir qu’une journée soit égale à 24heures et non à « bring it back tonight at 5pm ! ».) 1er jour, direction la Cave de Pukham à une dizaine de kilomètres à l’ouest… on s’est trompé et on s’est arrêté à celle de Khan, bien moins éloignée en vélo mais qui a nécessité, après le paiement de la taxe de visite (10.000 kips par adulte) quelques kilomètres de marche dans la montagne, sur le lit d’une rivière (donc sur les cailloux)…

Un monsieur d’un âge très respectable nous suivait depuis le « péage » alors que les deux jeunes qui encaissaient l’argent ont préféré retourner dormir sur leur paillasse. Il s’agissait en fait d’un guide. Il ne parlait pas vraiment anglais mais ses conseils se sont avérés fort précieux. Sans lui, nous aurions oublié de prendre quelques fleurs pour honorer le bouddha assis qui se trouvait dans la grotte ; ou l’un de nous aurait fini au fond d’un trou (la grotte n’est pas éclairée) ou perdu (idem, on n’est pas sur un GR français ; aucune signalétique pour nous indiquer quel chemin prendre dans le dédale des tunnels qui s’offrait à nous). Pour finir, il nous a montré comment se servir de feuilles de bananier pour en faire des parapluies lorsqu’on est revenu…

Nous avons décidé de reprendre la route pour la « cave » suivante, mais la pluie nous en a dissuadé et nous avons fait demi-tour…. On est revenu plein de boue, tous mouillés, mais ravis de s’être baladés au milieu de ces montagnes aux formations si particulières, des rizières à perte de vue et des villageois. Les enfants crient « sabaidee sabaidee » (bonjour) en nous voyant, c’est très mignon…

Maceo et Hannah sont très regardés, pour le moment, nous sommes la seule famille occidentale sur les route ; il y en a surement d’autres mais pas encore sur notre trajet…

Le lendemain, école le matin gérée par Fabrice (puisque je préférerais me tordre de douleurs dans mon lit),  l’après-midi, je me motive tout de même pour une autre excursion, mais à tuk-tuk et non à vélo !

Nous voici partis pour le nord de  Vang Vieng,  au Triangle de Tham Sang. 4 grottes se trouvent à une vingtaine de kms, la route est défoncée et laisse présager un futur trajet en bus vers Luang Pradang fort sympathique L Le tuk-tuk nous dépose face à l’emplacement du pont (emplacement seulement, car encore une fois, on est en période humide et donc, il a été supprimé) ; on y prend un petit bateau à fond plat et dont les bords sont à ras de la rivière Nam Song…franchement pas rassurant !

Il y a 4 Caves (grottes) à visiter, l’Elephant Cave (en face de l’arrivée du bateau), Tham Loup, Tham Hoi (grande marche au milieu des rizières) et Tam Kam… Si Tham Loup et Tham Hoi sont assez sympathiques (grand couloir étroit dans la 1ère qui mène à une rivière souterraine ; stalagmitiques et stalatiques dans la onde) et au fond de la jungle, la palme de la visite revient à Tham Nam… il s’agit d’une grotte dans laquelle on rentre sur des bouées. Tout au long du trajet, il faut s’agripper à une corde pour avancer et ne pas trop lever la tête car le plafond de la grotte est bas ; c’est très impressionnant. L’eau est fraiche et la sensation d’être dans l’eau sous la grotte est bizarre. Et encore une fois, la présence du  guide qui nous avait suivi/accompagné jusque là a été nécessaire ; j’ai accompagné hannah dans la grotte et elle avait du mal à avancer avec la corde, le guide a donc géré en tenant sa bouée avec ses pieds.

Jusque là, nous n’avions croisé aucun touriste, c’était sans compter un car de touristes japonais bien équipés (gilets de sauvetages, sacs waterproof) qui sont aussi rentrés dans la grotte. L’un d’eux (assez âgé) n’arrivait vraisemblablement pas à gérer et a manqué de se noyer, un lao essayait de le remettre sur sa bouée. Tout le monde criait, ce n’était pas super rassurant pour moi  mais Hannah était toute excitée et n’arrêtait pas de dire que son frère allait adorer!

Les garçons y sont allés à leur tour, Maceo n’était pas super rassuré tout de même.

Super expérience pour conclure…nous avons été tous impressionnés !

Le dernier jour, nous sommes repartis en vélo à l’ouest, pour atteindre la Pukham Cave et son blue lagoon. De nouveau, traversée de jolis villages, des rizières verdoyantes à perte de vue et toujours les montagnes karstiques…la route (enfin le chemin de terre) nous enchante et nous finissons par arriver au blue lagoon, qui n’est pas si bleu mais au dessus duquel a été aménagé l’arbre qui le surplombe…cordes, trapèzes, balançoires pour notre plus grand plaisir ! On s’est bien détendu avant de reprendre la route dans l’autre sens…

blue lagoon, Pukham Cave

On s’est réfugié chez une habitante lorsqu’une grosse averse est tombée, les enfants avaient apporté plein de petits jouets et lui ont offert crayons de couleurs et petit poney. Sa mère a sorti deux chaises de sa maison pour qu’on s’assoit, (elle avait si peu de meubles ! …. On a discuté, difficilement puisqu’il y a la barrière de la langue. Sa petite fille s’appelle ANNA aussi, c’était rigolo ! Un chouette moment… A Vang Vieng, il doit encore y avoir une vingtaine de grottes à visiter, plein d’autres activités (escalades, treks, kayaking…). On s’est arrêté là pour continuer notre route vers le Nord. Difficile de quitter un lieu pareil, assurément un de nos gros coups de cœur au Laos !

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Premier trajet en bus, 130kms, 3 heures de retard, 1 panne de moteur… ou comment découvrir la notion du temps au Laos !

bus en panne

 

 

Mardi 4 septembre,  nous sommes prêts à 9h comme demandé par l’agence afin qu’un tuk-tuk fasse le tour des hôtels pour récupérer les personnes et les emmener à la gare routière…

9h30, le tuk tuk arrive, nous embarque et nous pose dans le centre ville.

9h45, on doit grimper dans un autre tuk-tuk dans lequel se trouvent quelques japonais. On va récupérer un américain dans son hôtel et ensuite,  on tourne, on vire et on se dirige ….vers notre hôtel… On voit le chauffeur un peu en difficulté à demander à droite à gauche quelque chose aux passants… on finit par lui dire lorsqu’il est dans notre rue, que s’il comptait récupérer des passagers au SISAVAD Villa, ils sont déjà à bord !! ah la bonne blague…

10H15, on arrive à la gare routière… Un énorme bus tout pourri (mais avec des beaux rideaux « VIP ») nous attend, on est les derniers à grimper, fab se retrouve devant et nous derrière…

10H30, on part… et on commence à travailler l’anglais avec maceo

10H45, le bus s’arrête… je vois le chauffeur ouvrir le moteur à l’arrière et je demande à fabrice d’aller voir…il revient, et annonce à l’ensemble du bus que le moteur est mort….. rahhh la bonne blague bis… Sans clim, on est en train de cuire dans le bus, on descend tous, en plein cagnard, et …on patiente ! Le chauffeur appelle sa compagnie et nous annonce qu’un nouveau bus arrive… un gros avantage quand même de tomber en panne à 10 kms du départ !!!!

11h45, le nouveau bus arrive et en bons franchouillards que nous sommes, on transfère nos sacs (accessibles tout de suite puisqu’on était les derniers à monter dans le 1er bus !) se précipite pour prendre les meilleures places, hihihi… et on laisse le fond du bus aux autres !

12h, on pa-tien-te… et oui, notre chauffeur tente quand même de réparer le moteur de l’autre bus avec le nouveau chauffeur….

12h15, l’ancien bus est réparé (à coup de litres d’eau !!!), on a bien cru qu’on allait devoir de nouveau permuter ! Mais non, ça y est, on est sur la route, la clim à fond, avec plus de deux heures de retard sur le timing…

La route est terrible, les 130 kms annoncés en 3 heures laissaient présager de l’état des routes… et cela n’a pas loupé ! On passe de routes goudronnées à celles en terre, des trous partout et au bout de la moitié du chemin, ça tourne et ça tourne… Après la pause déjeuner (fatale pour moi, je vous expliquerai plus tard), le mal de cœur est bien présent et on se concentre sur la route (absolument splendide !), les petits gamins qui jouent sur le bas-côté et qui s’éloignent au coup de klaxon du bus,  les vieilles dames avec leur chapeau en bambou…

En arrivant à Vang Vieng, le paysage est juste à couper le souffle, les montagnes qui entourent la petite ville ont donné à cette province le surnom de « la baie d’Halong du Laos » et on comprend tout de suite pourquoi !

15H30, (soit 6h après l’heure de départ officiel !) on nous dépose devant un hôtel –tiens bizarre- et  plusieurs personnes nous vantent les mérites de leurs chambres, mais pour nous, il est hors de question que l’on reste dans la ville car on veut aller du coté « campagne » de l’autre coté du pont ! Et là, réponse fatale de l’une d’entre elles «  no bridge in this season » !

Le genre de réponses toutes faites pour nous faire dormir chez eux (ne serait-ce qu’une nuit, car on aurait vite découvert qu’il y avait quand même un pont) qui m’énerve !!! Vous allez me faire croire que les personnes qui habitent de l’autre coté de la rivière n’ont aucun moyen de venir en ville pendant les 4 mois de la saison humide, non mais !!!

16h : on crapahute dans la ville avec sacs à dos et deux autres couples de touristes qui veulent aussi traverser la rivière et puis têtue comme je suis, je sais qu’il y a deux ponts dont 1 gratuit et c’est celui là que je cherche… et là j’avoue, il n’existe plus !  En saison humide, il est détruit ou enlevé, on n’a pas trop compris mais en arrivant au bord de la rivière, on voit bien un seul pont au loin (le payant) !

16h15, on atteint le pont et sa fameuse taxe de passage, 4.000kips par personne sauf les enfants…

16H30 : the place to be ! Jamais le passage d’un pont ne nous aura fait autant d’effet ! On passe d’une petite ville touristique et poussiéreuse sans vraiment de charme, à des champs de rizières, quelques maisons, et 3 guests-houses différentes, notre choix se porte sur la MAYLIN Guest house tenue par une femme lao et son mari irlandais, le jardin est sublime, de chouettes bungalows donnent sur la rivière et les montagnes karstiques…. Nous optons pour une petite maison à l’intérieur du jardin, moins de vue mais la possibilité de louer deux chambres côte à côte, prix demandé 13euros les deux, négociées à 10 !  Et comme la troisième chambre de la maison est inoccupée, on s’installe dans les parties communes également ! Avec une grande table au calme pour que les enfants puissent travailler…

Conclusion du jour : la patience est une vertu qui s’apprend … au Laos et le bonheur est de l’autre coté du pont (n’est-ce pas Lola ????) !

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